30.01.2007

Nouveau Blog

Désormais, vous nous retrouverez sur le blog du "Collectif des Socialistes Pour le Renouveau de la Gauche" (CSPRG) à http://csprg.hautetfort.com/

 A très bientôt !

Et maintenant ? La suite...

Passé la déception et les nombreuses interrogations, les camarades démissionaires de Rénover Maintenant ont exprimé, lors du rassemblement de Lille les 27 et 28 janvier 2007, leur volonté de continuer à promouvoir, ensemble au sein du Parti socialiste, des pratiques rénovées et un projet politique destiné à répondre à l’urgence sociale et à l’urgence démocratique que connaissent la France et l’Europe.

Convaincus de la nécessité du devoir de victoire de la gauche lors des échéances présidentielle et législatives de 2007, les
camarades présents et représentés à Lille sont certains que leur candidate, celle du Parti socialiste, sera en situation de battre la droite en proposant aux Français un programme clairement de gauche, fondé sur le projet des socialistes.

Pour contribuer à ces objectifs et pour structurer dans les prochains mois le rassemblement de tous les rénovateurs, une équipe d'animation a été désignée. Son nom est « Collectif des socialistes pour le renouveau de la gauche » (CSPRG).

Elle regroupe les
camarades suivants : Joëlle Bigot (Chartres), Christian Charluet (Nice), Julien Collette (Rouen), Alejandro Espinoza (Tarbes), Florence Defiolles (Niort), Olivier Gaya, Anne Gérard, Henri Laviole (Soustons),Eric Lemaire (Landas), Georges Martel (montaignac), Olga Meurisse (Tourcoing), Thierry Mirebeau (Poitiers), Michaël Moglia (Lille), Jean-Michel Nivet (Angoulême), Thierry Occre (Arras), Hélène Parra (Lille), Jacques Rodet (Paris), Jack Ros (Jonzac).  

Parce que rien ne serait pire que de ne rien faire, vous pouvez compter sur nous pour agir dans cette campagne et préparer l’avenir.

25.01.2007

A la Une

PROGRAMME DES JOURNEES "Et maintenant ?"
27 et 28 janvier à Lille. Voir le programme complet...

Samedi à 18h
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Débat avec Jean-Luc Mélenchon 

Le débat du dimanche à 10h30
« Ensemble vers une alternative gagnante en 2007 »
sera animé par Julien Collette et Michaël Moglia.

AVEC LA PARTICIPATION DE
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Marie-Noëlle Lienemann
députée européenne, ancienne ministre
Anne Hidalgo
1ère adjointe au Maire de Paris
Claude Bartolone
Député
Marc Dolez
Député
Jacques Généreux
Membre de la direction nationale de NPS
Professeur à l'IEP de Paris

 

LES CONTRIBUTIONS MILITANTES

Analyse de la période écoulée
- Petit bilan quinquennal, PS, NPS, RM et les autres... par Olga et Jérémie Meurisse
- Contribution de Dominique Baillet
- Rustines et jambe de bois, par Michel Gros.
- Le paysage politique après la désignation de Ségolène Royal, par Marc Surgers.

Ligne politique
- Réformer le système judiciaire français, par Philippe Gonzales de Gaspard
-
Quelques thématiques de travail, par Olga et Jérémie Meurisse
-
Retraites : la vraie réforme reste à faire, par René Fiore
-
Que faire durant la campagne qui s'ouvre ? par Jacques Rodet
-
Contribution ligne politique n°3 : l'élection du président au suffrage universel, par JC Dubois.
-
Comment coordonner les différents éléments de la galaxie antilibérale, par JC Dubois.
-
Contribution sur le logement, par Brigitte Célerier.

Pratiques militantes
-
Pour un nouveau fonctionnement démocratique, par Mairo Pedretti
- Perspectives : la création d'un mouvement, par Olga et Jérémie Meurisse
-
Contribution d'Alain Riguet
-
Pour la mise en place d'un "Observatoire des Pratiques", par Jacques Rodet.
-
Contribution pratiques militantes n° 3 : Enseignements démocratiques après NPS et RM, par JC Dubois.
-
Contribution pratiques militantes n°2, par Jacques Rodet.
-
Contribution pratiques militantes n°1, par Jacques Rodet.

Que construire ? Avec qui ?
- Pour l'unification du PS et de la gauche, résolution d'Action socialiste en Seine maritime.
- Contribution Que construire n° 2 : Et maintenant que vais-je faire, par Julien Collette.
- Contribution Que construire n°1, par Jacques Rodet.

 

POUR VOUS INSCRIRE, NOUS ECRIRE
OU DEPOSER UNE CONTRIBUTION
 

une seule adresse : et.maintenant@yahoo.fr

Programme du rassemblement "Et maintenant ?" des 27 et 28 janvier

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SAMEDI 27 JANVIER

10h : Accueil

10h15 : Présentation des journées
par Jérémie Meurisse

10h30 : Ouverture des travaux :
Michaël Moglia

11h : Atelier débat :
Animé par Anne Gérard et Thierry Mirebeau
« Analyse du vote interne en faveur de Ségolène Royal».
Grand témoin : Rémy Lefebvre, professeur de Science politique, spécialiste du Parti socialiste.

Débat de politique générale
Animé par Jack Ros et Florence Defiolles.

13h30: Déjeuner

14h30: Reprise des travaux
Rapport des « Contributions militantes », par Hélène Parra

15h : Débat : « Et maintenant ? »
animé par Julien Colette et Jacques Rodet.

Après avoir assisté à la naissance du NPS, après la triste synthèse conclue lors du congrès du Mans, nous avons été nombreux et enthousiastes à participer à la création de « Rénover, maintenant ». Après le ralliement de notre courant à Ségolène Royal, quel regard devons-nous porter sur la période écoulée ? De nouvelles questions se posent ainsi à nous « que faire maintenant ?», « quelles sont nos priorités ? », « qu’allons nous construire ? et avec qui ? »

18h00 : Débat avec Jean-Luc Mélenchon
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19h00
: Apéritif convivial

Soirée libre

******************************************

DIMANCHE 28 JANVIER

9h30 : Restitution de l’atelier « Et maintenant ? »
par Jean Michel Nivet et Thierry Occre.

10h30 : Débat « Ensemble vers une alternative gagnante en 2007 »
animé par Julien Collette et Michaël Moglia.

Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne, ancienne ministre
Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris
Claude Bartolone, député
Marc Dolez, député
Jacques Généreux, membre de la direction nationale de NPS, professeur à l'IEP de Paris

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13h : Pot de l’amitié

23.01.2007

Infos pratiques

POUR VOUS INSCRIRE,
et.maintenant@yahoo.fr

Lieu du rassemblement
Cave des Célestines - rue des Celestines à Lille

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Clic sur le plan pour l'agrandir

Train
Tous les horaires aller-retour : depuis Bordeaux, Clermont Ferrand, Dijon, La Rochelle, Lyon, Macon, Marseille, Nancy, Rennes, Paris, Poitiers, Toulouse (PDF)

Logement
Possibilité de logement chez l'habitant : lors de votre inscription, précisez le nombre de personnes à héberger

Liste d'hôtels
IBIS Lille Centre Gare 29 av Charles St Venant
03 28 36 30 40
A partir de 61 €
Réservation par téléphone
www.ibishotel.com  

IBIS Lille Centre Beffroi
172 rue de Paris
03 20 30 00 54
A partir de 58 €
Réservation par téléphone
www.ibishotel.com
Hôtel Lille Europe
Avenue le Corbusier (Euralille)
03 28 36 76 76 
A partir de 72 €
Réservation par téléphone

Hôtel Le Moulin d’Or 
15 rue Molinel
03 20 06 12 67    
A partir de 55 €    
hotel.moulin.d.or@wanadoo.fr

Hôtel Balladins   
24 place de la Gare  
03 20 74 11 87 
A partir de 55 €    
lille.superior@balladins.com

Hôtel Agora  
14 rue du Molinel     
03 20 31 55 52  
A partir de 51 €      
agorahotel@yahoo.fr   

Pour un nouveau fonctionnement démocratique, par Mario Pedretti

 La question démocratique doit être au centre de toute recomposition politique au sein du parti socialiste, tant sur le fond que sur la forme. Pour me concentrer ici sur la forme, je pense en effet que les échecs successifs de NPS et de RM s’expliquent en grande partie par des carences démocratiques dans le fonctionnement de ces courants. Ces carences ont été exploitées pardes dirigeants opportunistes et arrivistes. C’est pourquoi il nous faut faire preuve d’imagination pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets… Il ne s’agit pas de rêver d’un fonctionnement idéal mais de poser une série de règles simples afin de limiter au maximum la possibilité d’une « captation » - par quelque uns et pour quelque uns - de nos mouvements militants.

Il est essentiel que nous ne considérions par ces questions de fonctionnement comme secondaires, comme des sujets techniques qui, au fond, pourraient être réglées par quelques personnes « compétentes », après que les objectifs « de fond » aient été définis. Au contraire, si nous savons débattre et mettre en place un nouveau fonctionnement démocratique, alors nous serons crédibles pour parler, plus largement, de la nécessaire démocratisation de notre société.

Voici donc quelques propositions de fonctionnement pour un nouveau courant/mouvement :

* La consultation obligatoire et préalable des militants avant toute décision stratégique. Exemples (suivez mon regard…) : décision ou non de synthèse dans le cadre de congrès, soutien à un candidat à l’élection présidentielle, entrée dans le courant de tel ou tel réseau…Il suffit de prévoir sur ces questions le vote (physique ou électronique) des adhérents, lors d’assemblées nationales ou départementales.

* L’encartage des militants au niveau départemental et national, seule possibilité pour se compter et poser comme règle élémentaire de tout vote : un homme, une voix.

* La modification de la composition du conseil d’administration nationale du courant : il doit reposer sur l’élection. Je ne suis pas favorable à une présence de membres « de droit ».

* Une bonne circulation de l’information : cela passe d’abord par des comptes-rendus écrits systématiques de toute réunion, avec au moins les prises de décisions et les clivages essentiels. Il est important d’accéder à l’information en cas d’absence à une réunion.

* L’ajout, à côté des statuts, d’une « charte éthique », que chacun doit s’engager à respecter, quelque soit sa position dans le mouvement. Sinon, il devrait être, immédiatement et collectivement, mis à l’écart du mouvement.

Bien entendu ces propositions doivent discutées, modifiées et complétées…Mais elles sont, de mon point de vue, essentielles, pour essayer de sortir d’un fonctionnement oligarchique du parti…

21.01.2007

Réformer le système judiciaire français, par Philippe Gonzales de Gaspard

Le cataclysme d’Outreau a permis aux citoyens de faire enfin connaissance avec leur système judiciaire : pas une semaine sans que les grandes chaînes de télévision ne nous proposent des  immersions complètes dans les palais de justice, pour que chacun sache comment est rendue la justice au quotidien, pour apprendre à connaître les différents acteurs de cet univers encore mystérieux il y a peu.

La justice est à la mode.

Il est donc surprenant de voir que ce thème demeure encore secondaire dans l’ensemble des programmes proposés par les candidats à l’élection présidentielle.

Et nul ne contestera que le dernier projet de loi du garde des Sceaux, portant énième réforme de la procédure pénale, est particulièrement décevant au regard des conclusions de la Commission parlementaire présidée par Monsieur VALLINI.

Il apparaît donc que la réforme de notre système judiciaire (qui ne saurait d’ailleurs porter uniquement sur la justice pénale) sera l’un des grands chantiers de la prochaine législature, et participe du mouvement de rénovation entrepris au sein du parti socialiste.

Les grands axes qui s’offrent à nous sont les suivants :

-                      augmentation significative du budget de la justice, tendant à la modernisation des installations judiciaires et à l’augmentation du nombre de magistrats,et du personnel judiciaire,

-                      refonte du système de l’aide juridictionnelle, afin de permettre une meilleure rémunération des auxiliaires de justice qui prêtent leur concours à la défense des personnes les plus démunies,

-                      renforcement des droits de la défense en matière pénale, permettant une plus grande intervention des parties dans la conduite de l’information, et une parfaite adéquation de notre système avec les critères dégagés par la Cour européenne des droits de l’homme,  

-                      réforme du régime actuel de la responsabilité de l’état pour dysfonctionnement du service public de la justice,

-                      suppression des monopoles inutiles, héritées de l’histoire, et engendrant une augmentation inutile des coûts en matière de représentation (suppression de la profession d’avoué),  

-                      révision des barèmes tarifaires applicables aux titulaires d’un office ministériel.

Quelques thématiques de travail, par Olga Meurisse

L’Europe comme mythe recruteur.

La difficulté du militantisme de nos jours réside notamment dans le fait de trouver des orientations, des idées qui nous transcendent et permettent de mobiliser les citoyens et les militants dans une aventure collective.

Pour les socialistes que nous sommes, l’aventure du dépassement du capitalisme semble être une piste de travail mais elle apparaît comme trop lointaine voire même impossible, et pour certains dangereuse à tenter. Bref, le consensus ne sera pas au rendez-vous pour que cette idée puisse jouer le rôle de catalyseur.

L’Europe peut-être ce « mythe recruteur » permettant de mettre en synergie et au travail intellectuel l’ensemble des militants que nous sommes, et même au-delà l’ensemble de la Gauche française et européenne. Voilà le vrai dépassement entre le Oui et le Non au TCE. Encore faudrait-il que cette question soit réellement travaillée par l’ensemble des membres du Parti Socialiste.

Les axes de réflexion pourraient être les suivants :

·      Comment passe-t-on d’une construction essentiellement technocratique vers une construction européenne démocratique ?
·      L’Europe c’est quoi ? Un espace géographique, une communauté de culture, un même idéal économique, des valeurs communes ?
·      Peut-on se poser la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne où attend-on que le Peuple nous donne la réponse ?
·      Quelles sont les frontières physiques et symboliques de l’Europe ?
·      Pour qui est l’Europe ?
·      Pourquoi faire ?
·      Qu’est-ce qu’une République Européenne ?
·      Suffit-il de vouloir l’Europe pour la rendre nécessaire, voire indispensable ?
·      Pour réaliser ce rêve européen qui anime l’internationaliste qui sommeille en chaque socialiste et partant du principe que l’impôt est à la base de la construction des Etats-nations démocratiques, peut-on partir de la construction d’un impôt européen pour réaliser cette République Européenne ?
·      L’Europe doit-elle être Fédérale, Confédérale, autre ?

            La Gauche, le PS et la social-démocratie.

Si le militantisme a du plomb dans l’aile, la culture historique et politique de notre Parti est encore plus en déshérence. La faute n’en revient pas au militant qui bien souvent veut apprendre dans quelle histoire il inscrit son socialisme afin de comprendre dans quelle politique militante il s’inscrit. L’histoire du socialisme est riche, nous existons depuis plus d’un siècle et pourtant notre Parti n’utilise cette histoire que de manière parcimonieuse, cachant des pans entiers de trahison de notre idéal mais également, et de façon plus surprenante, les grands débats idéologiques, tactiques et donc politiques qui ont traversé le Mouvement Socialiste, notre Mouvement.

Ainsi au sein même de notre ancien mouvement, RM, parfois par des membres du Bureau National, Jules Guesde est devenu une insulte, certains traitant de « Guesdiste » des militants de RM n’ayant pas la même pensée que la leur. Cette insulte renvoie pour eux uniquement à un maximalisme et à une opposition à Jean Jaurès, qui aurait tout compris et jamais, au grand jamais, eut de position qui paraissait bizarre ou dangereuse, à son époque et même encore aujourd’hui. D’autres ont fait des amalgames douteux sur une période sombre de notre Parti avec les propositions de notre candidate. On savait qu’au PS on aimait bien faire parler les morts à toutes les sauces, on découvre également que l’on pratique allègrement l’anachronisme pour faire du militantisme et de la politique. La notion d’histoire est ainsi bafouée car elle est utilisé comme raccourci de la pensée et plus grave encore comme erreur de la pensée.

Il revient donc à l’ensemble des militants de travailler cette histoire de notre mouvement afin d’éviter les raccourcis et anathèmes dangereux pour le travail collectif. Mais il faut aller plus loin. Il ne s’agit pas uniquement de (ré)apprendre l’histoire du socialisme, comme courant de pensée, il faut également s’interroger sur l’utilisation des termes « Gauche » « socialisme » et « social-démocratie ». Il semble important que notre futur mouvement se structure afin d’offrir par l’intermédiaire de formation (y compris à distance) des outils de compréhension afin que nous puissions appréhender de façon collective ces termes. Comment peut-on rénover le PS, puis ensuite la Gauche et éventuellement la Société si nous ne sommes pas au clair avec notre Histoire et nos concepts de base ?

Les axes de travail pourraient être les suivants :

·      Que veut dire l’ancrage à Gauche de nos jours ?
·      La social-démocratie est-elle une fin en soi ou seulement une méthode pour arriver au Socialisme ?
·      Le socialisme doit-il encore être pensé comme au 19ème, 20ème siècles ?
·      Jules Guesde, parce qu’il s’est opposé à Jean Jaurès, doit-il être mis sur le même plan que Déat ou Doriot ? Et du coup que fait-on de Rocard, Savary (celui qui est mort), Mauroy qui se sont opposés à Mitterrand ?
·      Quelles sont les valeurs consubstantielles du socialisme ?
·      Etre socialiste n’est-ce pas un peu ringard ?
·      Peut-on être socialiste sans vouloir changer la société ?
·      Le socialisme français doit-il faire son Aggiornamento, son Bad Godesberg ou sa Nahda ? (1)

            Peuple, Etat, Nation, Patrie  

Depuis quelques années, le débat politique en France mais également au sein d’autres Etats européens se cristallise autour de ces notions. Pendant longtemps notre Parti, certainement par peur de l’utilisation polysémique de ces termes, a refusé de les utiliser. Depuis la panne de l’idée de construction européenne au sein de la population française, notre Parti, ou plus exactement certains membres de notre Parti, les utilisent de nouveau. Néanmoins, le militant est déboussolé par ces termes imprécis, et l’anathème se bousculant avec l’approximation étymologique, leur usage est bien souvent sujet à controverse entre les militants mêmes. Les rénovateurs que nous sommes en savent quelque chose puisqu’une des insultes (déjà à l’époque de NPS) consistait à nous qualifier de « populistes de Gauche ».

Il conviendrait cependant que nous nous saisissons de ces concepts pour les comprendre, pour leur donner une acceptation qui serait la nôtre (encore faut-il que nous soyons d’accord entre nous pour les utiliser) et pour désigner une réalité qui soit la même pour chacun des membres de notre futur mouvement. C’est loin d’être le cas actuellement, d’où les surprises quand par exemple nous entendons le terme « national » accolé avec le terme « social ».

N’est-il pas surprenant, sachant qu’en France l’Etat et la Nation sont « les deux faces d’une même pièce », de vouloir à la fois renforcer la Nation et prôner un renforcement de la Décentralisation donc un affaiblissement de l’Etat ?

Peut-on être un Parti populaire sans être populiste ?

La Démocratie

Il ne s’agit pas ici de revenir sur les questions de la démocratie au sein de RM ni même au niveau du PS, mais de discuter entre nous sur le sens même de Démocratie et l’idée que l’on entend mettre derrière. Nous pensons qu’au sein même du mouvement rénovateur les divergences existent, d’où les débats actuels au niveau du PS et donc de notre ancien courant.

Sans trop entrer dans le détail, des questions se posent sur les aspects institutionnels et le développement d’outils démocratiques, comme le non cumul des mandats par exemple, mais également sur l’idée que l’on se fait de la consultation du Peuple.

Les questions pourraient être les suivantes :

·      Si nous partons du principe que l’opinion publique n’existe pas mais que le Peuple existe (2), comment faire pour écouter le Peuple ?
·      Le Peuple est-il de Gauche, de Droite ou sans opinion ?
·      Si on doit toujours entendre le peuple, doit-on pour autant toujours l’écouter ? (3) Où est la limite ?

            Développement durable

Quelqu’un peut-il nous expliquer ce que recouvre cette notion, dont on pressent quelle est d’importance mais qui pour l’instant ressemble plus à une « tarte à la crème » qu’à un mythe recruteur supplémentaire à l’Europe ?

            Handicap et vie quotidienne

Chacun a déjà vu, sur les trottoir de nos villes, les voitures en stationnement, car la voiture prend une place importante dans nos paysages urbains… au détriment de la personne qui se déplace elle en fauteuil et dont le passage est bloqué. Il existe des choix dans notre société, doit-on exclure des millions de personnes de la crèche, de l’école, de la formation professionnelle, de l’emploi, de l’accès aux transports en commun, de l’accès aux guichets, de la représentativité dans la vie publique, parce qu’il est né différent, ou qu’un accident de la route a changé sa vie ? Avec la Loi du 11 février 2005, les choses progressent, mais encore insuffisamment, avec la Halde, chaque personne victime de discrimination aura le droit de se manifester. Mais il importe que chacun se saisisse de cette question du handicap, qui forcément affectera un jour ou affecte déjà nos proches, nos enfants, ou nous affectera un jour. C’est une question d’éthique et de démocratie.

            Samuel Huntington versus Edward Saïd

Enfin pour terminer cette première liste de thématiques, il conviendrait de repenser notre vision actuelle du Monde Arabe qui est de plus en plus au centre de la discussion sur les relations internationales, par le prisme d’une vision manichéenne du Monde.

Sans revenir trop longuement sur la « pensée » de Samuel Huntington, il faut ici donner quelques éléments de compréhension de sa thèse. Pour ce professeur américain de Sciences Politiques, le Monde actuel se trouve en proie, depuis la fin de la Guerre Froide, à un véritable « clash des civilisations ». Selon lui, la mondialisation est devenue le terrain d’expression de « blocs civilisationnels » forcément antagonistes. Cette « pensée » n’est pas très éloignée, pour ceux qui connaissent les commentaires de matchs de football, de la « pensée » de M. Thierry Rolland, fausse et souvent xénophobe. Elle fait des « Occidentaux » les uniques défenseurs de la modernité, des « Asiatiques » uniquement des concurrents, des « Noirs » des moins que rien dans l’histoire qui se joue et surtout des « Arabes », ou plus précisément des « Musulmans », une civilisation réfractaire ad vitam aeternam à la démocratie donc à la modernité. Nous pensons bien évidemment que cette pensée irrigue toute la politique internationale américaine actuelle, et des pans entiers de la pensée et de la classe politique européenne.

Il est temps, et cela doit également être un axe de travail des Rénovateurs que nous sommes, de travailler cette question de notre perception du Monde Arabe et plus largement de l’Autre, de l’Etranger. Sur cette question de la perception du Monde Arabe, la pensée d’Edward Saïd (malheureusement décédé), professeur américano palestinien de Littérature à l’Université de Columbia, nous avait montré dès 1980 que la fameuse « question d’Orient » était surtout une question crée par l’Occident (4). Il donnait quelques pistes pour comprendre ce monde à la fois si proche et qui nous semble souvent si éloigné.

La liste de ces thématiques est bien évidemment non exhaustive, chacun possédant des intérêts et des compétences et appétences spécifiques qui peuvent faire l’objet d’étude, de réflexion, de programme.



(1) La Nahda, qui peut se traduire par « renaissance », est un mouvement politique qui naît à la fin du 19ème siècle, en Orient et principalement en Syrie et au Liban. Les arabes n’ont pas produit que Zidane et des barbus !
(2) Au sens de Pierre Bourdieu
(3) Edito de Libération du lundi 9 octobre 2006 sur les 25 ans de l’abolition de la peine de mort.
(4) « L’Orient » est une création de l’Occident, son double, son contraire, l’incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d’un corps dont il ne voudrait être que l’esprit. C’est plus compliqué que la « pensée » de Huntington mais plus juste.

Contribution d'Alain Riguet

Une association souhaitant rénover la pratique politique doit, comme toute association, confier l’exécution des actions qu’elle souhaite mener à un Conseil d’Administration et un bureau issus d’élections majoritaires.  

En général, ce pouvoir exécutif est donné à des personnalités sachant mener, communiquer, organiser, innover ou argumenter, qui ont su convaincre une majorité des adhérents de les choisir pour agir, car elles en ont le temps, les compétences et l’envie.

Ce pouvoir relationnel, médiatique, politique est indispensable aux collectifs voulant se construire et s'organiser, mais il est dangereux pour les individus qui le possèdent, car il est source potentielle de corruption, d’abus, de dérive progressive vers la lâcheté, l'autoritarisme ou la compromission.

En général, la majorité des adhérents se désintéressent de savoir s’il y a ou non abus, par manque d’information, par manque de temps. Il faut qu’une instance indépendante de l’exécutif soit chargée de veiller à la démocratie interne, et qu’elle communique régulièrement sur son rôle afin qu’il soit rappelé à tous qu’il est indispensable.

Il ne s’agit pas de contrôler particulièrement l’exécutif, et lui seul, mais de veiller à ce que les avis, les informations, les propositions, ceux de l’exécutif comme ceux des autres, puissent s’exprimer en toute transparence, se confronter avec respect, et êtres collectivement choisis, dans les meilleures conditions possibles.

L’habitude est de confier aux mêmes personnes les différents pouvoirs, parce qu’elles sont les plus compétentes, ou les plus disponibles, ou les plus actives : dès lors, et de manière tout-à-fait naturelle, parce qu’elles ont le rôle non seulement d’action et de représentation à l’extérieur, mais aussi d’information et d’organisation des débats et des votes en interne, les abus commencent, et c’est parfaitement normal. Ce n’est pas *leur* faute, mais celle de tout le collectif.

Qui peut prétendre qu’il va, après s’être considérablement investi dans un collectif, en temps, en compétences et en moyens, réellement et entièrement organiser une information, une contradiction et une consultation suffisamment libres pour être lui-même contesté, critiqué, remis en question, voire rejeté ? Ce serait du masochisme, voire de la bêtise …

Si la séparation des pouvoirs est nette, entre le rôle d’agir vis-à-vis de l’extérieur, et celui de fixer les règles dans le fonctionnement intérieur, alors la possibilté d’abus est considérablement réduite, tout simplement parce que personne n’est parfait.

Rares sont les personnalités qui ont la capacité *durable*, si elles sont soumises à une libre information / contradiction / consultation, de justifier toutes leurs actions, de trouver continuellement de nouvelles idées, de cacher leurs fautes ou leurs erreurs, bref, de ne pas susciter au bout d’un certain temps le rejet, l’ennui ou la méfiance.

Le charisme ne s’impose continuellement que s’il contrôle les règles du jeu.

C’est pourquoi le fonctionnement démocratique interne d’une association, pour être garanti, devrait être statutairement et pratiquement confié à d’autres qu’à l’exécutif, pour former un pouvoir législatif.

Ce dernier doit être indépendant et devrait donc être désigné par tirage au sort, par renouvellement de moitié (afin que les nouveaux se forment).

Les législateurs n’auraient alors pas le droit de participer en même temps au pouvoir exécutif, ni de se présenter aux élections suivantes.

Cette chambre législative serait chargée exclusivement de l’organisation *interne* :
- de la transparence de l’information (comité éditorial, compte-rendus de CA, budgets, …),
- des débats contradictoires (choix des sujets principaux, modération des forums, …),
- des votes (nombre de tours, énoncés des questions, délais et dates, procédures déclenchantes, …),
- des conditions d’amélioration toujours nécessaire des statuts, règles et chartes internes,
- des conditions d’exercice laissées au pouvoir exécutif (en cas d’urgences, d’imprévus, … ),
- des procédures de sanction.

Les pouvoirs exécutif et législatif sont considérables au sein d’un collectif : s’ils sont laissés dans les mêmes mains, les risques d’abus, même involontaires ou inconscients, le sont tout autant. Laisser à un exécutif le rôle d’organiser le fonctionnement démocratique, et donc les conditions de sa propre légitimation, c’est le pousser à abuser.

Certes, ce fonctionnement séparé, au sein même d'une association politique, est très difficile. C’est pourtant celui dont il faut *inventer* la pratique : les partis portent des hommes et des femmes au pouvoir, qui n'auront de respect pour la difficulté de la rigueur démocratique que s'ils l'ont appliquée eux-mêmes, pour justement accéder au pouvoir.

Si le PS n’évolue pas *réellement* en fonction des besoins démocratiques criants, alors il sera dépassé par les multiples initiatives citoyennes actuelles.

Perspective(s) : La création d’un mouvement, par Olga Meurisse

L’aventure de RM s’étant terminée, pour certains d’entre nous, après la course à la désignation pour la candidature socialiste, la question posée par Michaël - Et Maintenant ?– est essentielle. Les choix sont multiples : revenir à RM ? Quitter le PS ? Rejoindre un courant déjà formé ? Se désengager de l’action d’un courant pour une action militante plus consensuelle ?

Si la décision est prise de construire de nouveau quelque chose, certains préalables doivent être nécessairement posés afin d’éviter certains pièges. La création d’un pacte entre l’ensemble des membres du futur mouvement sur son fonctionnement est également importante.

Bref, les problèmes commencent…

Les préalables

·         Pourquoi créer quelque chose ?
Ce qui vient spontanément à l’esprit est l’impossibilité de revenir à RM comme si rien ne s’était passé. Nous avons précédemment évoqué que ce qui nous a choqué n’était pas tant le choix de Mme Royal que la raison avancée pour ce choix. La méthode archaïque, antithèse d’un mouvement voulant rompre avec les pratiques « ancestrales » de notre Parti, consistant à ne se focaliser que sur la tactique pour justifier ce choix ne peut nous satisfaire. De plus, nous avons mal vécu certaines insultes, certains anachronismes historiques et surtout certaines méthodes utilisées envers les présidents RM. La possibilité de revenir au sein de RM semble donc impossible actuellement.

·         Finalité.
La rénovation étant soit un préalable soit une conséquence mais en aucune façon une finalité, il convient d’ancrer à gauche le Parti, avec les nombreux adhérents, militants et dirigeants qui militent pour cela. En effet, ce qui se joue actuellement au sein de notre Parti n’est pas tant une simple question de la rénovation des pratiques militantes et dirigeantes, mais bien plus l’orientation idéologique du PS. Certes nous voulons faire du PS un parti de gouvernement, mais un parti de gouvernement de gauche. La finalité de la construction d’un nouveau mouvement réside bien pour nous dans la volonté de travailler sur cette idée simple et compliquée à la fois : comment (re)faire du PS un parti de gouvernement de gauche ?

·         Comment ?
Note volonté d’influencer le Parti et de l’ancrer à gauche passe non pas par la création d’un énième courant (construit autour d’une personnalité) mais par un mouvement d’influence en son sein. Ce mouvement sera à la fois composé d’adhérents et de non adhérents au PS. Il faudra également travailler à une articulation possible et positive entre le global (le mouvement au niveau national) et le local (les organisations locales).

·         Avec qui ?
La réponse à cette question dépend étroitement de la réponse au précédent préalable. Il est indispensable de s’ouvrir aux personnes intéressées par les idées de gauche et qui ne se reconnaissent pas actuellement dans le Parti, afin de ne pas scléroser le mouvement dès sa naissance. Il existe bon nombre de citoyens, de gauche et de sensibilité socialiste, prêts à rejoindre ceux qui travailleront sur des orientations et thèmes politiques. Travailler sans exclusive semble être une des pistes que nous devons prendre.

Les pièges à éviter

·         La vengeance comme guide d’action
Le premier piège consisterait à être mû par un quelconque sentiment de « vengeance ». La célèbre phrase de Staline « qui n’est pas avec nous est contre nous » doit être bannie de ce nouveau mouvement. Nous ne quittons pas RM, qui a utilisé cette méthode d’action politique à l’automne, pour revivre la même chose.

·         Le groupuscule comme mouvement d’action
Un autre piège à éviter serait de se murer dans des certitudes et de créer un groupuscule de militants. Le groupuscule ne se définit pas par son nombre d’adhérents (sinon le PS, qui représente 0.01% de la population, serait un groupuscule) mais dans sa pratique de l’action politique et son degré de prétention. Au moment où la dépolitisation de notre parti est très forte, le groupuscule pourrait avoir la prétention de dire ce qui est « bien », « bon », « meilleur », « de gauche », « socialiste ». Nous ne nous satisfaisons pas de ce qui est, aussi nous cherchons, nous bougeons, nous questionnons, mais nous ne détenons pas la seule et unique Vérité (1).

·         La récupération et l’instrumentalisation
Ce piège peut être écarté par la transformation d’un courant en un mouvement. En effet, si ce qui importe c’est que nos idées puissent influer et se diffuser dans le Parti plutôt que le fait de suivre une personnalité, aussi brillante soit-elle, les risques de voir la personne passer avant les idées sont moins grands.

Ce qui n’empêche absolument pas d’avoir des « passeurs », des responsables politiques rejoindrent notre mouvement et porter nos idées.

·         L’essoufflement du militantisme
Même si l’endurance des militants du PS est très forte, ce piège naturel peut nous guetter dans la construction et le développement d’un mouvement. Il nous semble qu’un des moyens de l’éviter consiste à trouver une méthode de travail dynamique.

Le fonctionnement du mouvement

·         L’aspect associatif
C’est un des aspects important dans la création et le fonctionnement de ce mouvement. L’aspect associatif ne consiste pas à nommer, de manière plus ou moins démocratique, des dirigeants, de différencier les membres fondateurs des membres de droit et autres catégories de membres.

L’aspect associatif se définit uniquement par la vie démocratique d’une organisation. Il conviendra donc de créer des outils démocratiques permettant des discussions « libres et non faussées », un statut des minoritaires (qui par définition ne seront pas toujours les mêmes), un renouvellement fréquent des instances dirigeantes, un lien permanent entre les adhérents et les responsables du mouvement et bien évidemment une méthode de décision collective.

L’association étant un contrat, il conviendra de trouver un bon équilibre entre d’une part la récupération et l’instrumentalisation et d’autre part la sclérose. Trouver une bonne articulation entre national/local sera également à rechercher.

Les pistes sont multiples : association nationale et associations locales (de l’autonomie à la congruence) ; association nationale et déclinaisons locales non associatives ; associations locales associatives et « confédération » nationale…

·         Méthode de travail
Ce point mérite une attention particulière de la part des anciens de RM que nous sommes. Il convient de multiplier les groupes de travail thématiques tant au niveau national qu’au niveau local. L’utilisation des outils participatifs peut nous permettre de faire le point régulièrement sur l’état d’avancé de notre travail. Cela étant les réunions doivent être régulières afin de faire le point et de rectifier ce qui devrait l’être. Enfin le vote doit être utilisé afin de ne pas risquer un travail perpétuel qui nuit à l’action politique. Dans cette tâche nous décidons de revisiter tout le corpus idéologique de notre Parti (pas de tabou sur la question de la Réforme de l’Etat, l’EN etc.), nous clarifions ce à quoi l’on aspire dans une synthèse claire.

L’écriture d’une plate-forme politique dans la perspective du prochain Congrès peut permettre de donner un sens à notre action. Elle permet également de nous installer dans une méthode de projet et de mobiliser un collectif vers un effort commun et partagé. On institue une dialectique de type recherche/action et on tente de réconcilier l’éthique de la responsabilité avec celui de la conviction, qui semble difficile pour tout ceux qui font de la politique (2).

·         Le mouvement en lui-même
Que peut être notre mouvement ? Pour répondre à cette question nous pouvons nous interroger sur ce qu’est un courant. Le courant est interne au parti, d’une durée d’existence faible, qui est créé et n’existe que pour et par quelques individus et qui –surtout depuis 5 ans- est en perpétuel composition, décomposition, recomposition.

Le mouvement doit être l’inverse. Il doit tout d’abord être un sas entre l’extérieur et l’intérieur du Parti, sans pour autant le contourner. L’apport de personnes extérieures semble important et nous devons prendre soin de leur garantir leur place au sein de notre futur mouvement (par exemple, au niveau local et national, une parité entre les membres adhérents au PS et ceux qui ne le sont pas).

Le mouvement doit s’inscrire dans un temps long. Cette inscription dans la durée est la condition la plus difficile à créer mais c’est la seule qui permettra de mener une action politique sur du moyen et long terme (si la rénovation devait déjà s’inscrire sur du moyen terme, on comprendra aisément qu’ancrer la parti à Gauche demandera encore plus de temps). En outre, le mouvement doit pouvoir participer à des actions communes à l’intérieur du Parti (sous forme de « fédération ») et à l’extérieur du Parti (sous forme de « confédération »). Enfin last but not least, c’est bien le mouvement dans son ensemble qui décide des grandes orientations, de voies à privilégier, ce qui suppose des outils démocratiques et une philosophie différente de penser la politique, en prenant le temps de la décision.

·         Les considérations locales
Notre position politique consistant à influencer l’orientation idéologique du Parti va impliquer, pour les adhérents de ce mouvement qui sont militants PS, d’être présents dans toutes les structures du Parti, ce qui supposera forcément des alliances afin d’éviter les allégeances.

Une certaine autonomie de travail au niveau local devra également être recherchée afin de pouvoir travailler à l’interne et à l’externe du PS avec des militants motivés.

·         Internet et l’interactivité
Internet et les blogs sont des outils primordiaux, qui permettent de gagner du temps, de l’argent et de limiter l’utilisation du papier, mais il exclut de fait ceux qui ne sont pas connectés.

C’est un outil à double tranchant. En effet c’est un canal de communication tronqué, à qui il manque plus de 95% de ce qui constitue la communication entre humains (le message non verbal, postures, mimiques, intonations… d’où l’invention des smileys qui permettent de préciser le discours et d’introduire l’ironie, l’humour, le doute…). La pensée peut être déformée, mal interprétée. Le blog ne doit donc pas remplacer le contact direct, les réunions.

De plus c’est un messager parfois trop rapide, qui sert à la propagation rapide de l’information, mais qui n’est formaté que pour les messages courts (ces fameux « posts » des blogs), qui lorsqu’ils excédent une certaine longueur, ne sont pas lus. Le message peut donc être tronqué car il n’existe que dans un écrit court, concis, précis, non polysémique… or tout le monde ne possède pas le style d’un correspondant AFP !



(1) Souvenons-nous de la métaphore de la grotte platonicienne...
(2) Max Weber, Le Savant et le Politique

18.01.2007

Petit bilan quinquennal, PS, NPS, RM et les autres… par Olga et Jérémie Meurisse

Le bilan que nous proposons entend revenir sur les cinq dernières années de la vie de notre parti et sur le mouvement de rénovation porté par le NPS puis co-porté par le NPS et RM et enfin colporté par beaucoup à tel enseigne qu’il est devenu largement une « coquille vide ».

1)     Le bilan de F. Hollande  

Dans ce bilan, il est indispensable de ne pas oublier celui qui va finir son troisième mandat à la tête du Parti.

·      Baisse du nombre de militant
Paradoxalement, le bilan quantitatif est moyen. En effet, si le Parti a dépassé la barre des 200 000 militants grâce aux 60 000 « nouveaux adhérents à 20 euros » (marketing politique plus réussi que les « adhérents du projet » à 10 euros, qui s’en souvient ?), il s’agit principalement d’adhérents plus que des militants. Passé l’élection présidentielle, combien seront encore au sein du PS ? En fait le militant socialiste se fait rare au moment des discussions dans les sections, des tractages sur les marchés et de l’affichage sur les panneaux de nos différentes communes. Il existe bel et bien une baisse du nombre de militants que cache mal une augmentation du nombre d’adhérents temporaires.

·      Non respect des méthodes de travail
Le bilan de notre Premier Secrétaire en ce domaine est négatif. Deux exemples :

En 2003, une commission sur l’Ecole a vu le jour au sein de notre Parti, elle devait interroger l’ensemble des militants et établir des préconisations et autres propositions qui devaient alimenter notre projet pour 2007. Cette commission est « mort-née » car le travail de fond sur l’Ecole et plus largement sur le système éducatif a été escamoté au profit d’une cristallisation sur le « foulard » et une réaffirmation de la laïcité (certains socialistes auraient des doutes !).

Plus déplorable est la promesse de Dijon de faire travailler l’ensemble des socialistes sur un projet de transformation profonde de la société et de se doter d’un projet pour 2015, dont le programme de 2007 ne serait qu’une étape. Ce projet pour 2015 a été réduit de 8 ans – le travail sur le moyen et le long terme semble donc impossible pour un Parti qui se veut Parti de Progrès- et il n’est au mieux qu’un programme pour un quinquennat et une base de travail pour notre candidate à l’élection présidentielle.

Notre Premier Secrétaire n’a donc jamais fait respecter les décisions prises dans ce domaine.

·      Travail de fond inexistant
Les cadres du Parti, rassemblé autour de François Hollande, n’ont jamais entrepris un quelconque travail de fond sur les raisons du désastre de 2002. Aucune analyse sociologique sur les raisons de cet échec n’a été effectuée au sein des sections ni même souhaitée par la majorité du Parti. Seule parmi les camarades de la motion Hollande, Ségolène Royal, et uniquement depuis 2006, possède une analyse toute personnelle de l’échec de 2002.

Depuis plus de 5 ans notre Parti ne possède pas de ligne directrice claire. En réalité il n’en possède qu’une, elle consiste à dire que « nous sommes différents de la Droite car la droite c’est pas bien ».

En conclusion, il est souvent dit que François Hollande a réussi à tenir le bateau à flot après le désastre de 2002 et il convient de lui reconnaître ce mérite. Mais cale effectué, aucun cap clair n’a été désigné, le bateau a flotté plus qu’il n’a navigué avec un équipage composé de seconds indisciplinés avec un capitaine plus proche du capitaine Igloo que du capitaine Cooke.

2)     Le bilan du Parti

Le bilan du Parti est encore plus dramatique que celui de son premier responsable.

·      Recomposition permanente
Le PS est, depuis 2002, en recomposition permanente, sans attendre les Congrès. Tous les 6 mois les noms de courant changent et quand les noms ne sont pas modifiés, ce sont les orientations au sein de ces courants qui se modifient.

Ainsi assiste-on à l’implosion permanente de la « Holding A » qui était née à Dijon. La Gauche Socialiste a elle aussi explosé et le parcours de ses têtes pensantes (Dray, Mélenchon, Lienemann et Filoche) semble tellement opposé que l’on se demande ce qui a pu les réunir un jour.

Les proches d’Emmanuelli naviguent de nouvelle terre en nouvelle terre (Nouveau Monde au Nouveau PS) au gré des pérégrinations de leur chef.

Quant à nos célèbres « Modeste et Pompon » (Peillon et Montebourg) du Parti ils sont ensemble puis plus ensemble mais presque de nouveau ensemble mais tout le monde sait que cela ne durera pas.

Le parcours de certaines personnalités du Parti semble curieux. Si Dray traverse tout le Parti pour aller de la gauche à la droite, Laurent Fabius fait le chemin inverse. Les deux étant des hommes de convictions, ce parcours semble être naturel. Si Guigou, Kouchner, Delanoë vont de quelque part à nulle part, Rebsamen et Royal vont de presque nulle part vers quelque part. Bref, les personnalités bougent, pas le Parti.

·      Un parti sans idéologie
En réalité cette recomposition permanente ne s’effectue pas sur des lignes politiques divergentes ou différentes sur la façon de modifier le capitalisme international mais uniquement en fonction d’événements venant questionner le PS (TCE, Election Présidentielle).

Notre PS est un parti avec quelques idées et un début de programme mais ne possède pas de projet à moyen et long terme permettant de penser le changement. Il possède encore moins une idéologie, c’est-à-dire une système de pensée globale permettant de comprendre le monde et de le changer afin qu’il soit moins inégalitaire et plus conforme à l’idéal socialiste qui existe depuis plus d’un siècle. Notre Parti se coupe ainsi de son histoire volontairement.

Les raisons en sont multiples.

Tout d’abord, la sociologie du Parti n’incite pas au changement. Le PS est le parti des plus de 50 ans, masculin, blanc et travaillant majoritairement dans la Fonction Publique. La fougue mais également la volonté de lutter pour un idéal inhérent à la jeunesse et de ce fait absent. Ne parlons pas des salariés pauvres, des ouvriers ou même des employés qui ont déserté depuis bien longtemps notre Parti. Inconsciemment, et les auteurs de ces lignes en font partie, les militants installés dans la vie sont moins enclins au changement.

Plus fondamentalement encore, le PS, continuant en ce sens l’histoire de la SFIO, est un parti d’élus depuis sa fondation en 1920. Plus de la moitié des militants « historiques » (avant les nouveaux adhérents) du PS sont des élus. Ce ne serait pas gênant si ces élus, comme le Parti Radical à partir des années 20, ne se « notabilisaient » de plus en plus par un double processus de cumul des mandats en temps et en nombre (cumul vertical et horizontal). Or si le travail de la majorité des élus est très souvent de qualité, la volonté d’être réélu l’emportant sur les considérations idéologiques, cette moitié du Parti bloque bien souvent tout processus de changement, voire même toute volonté d’affirmer une politique singulière. Le fait que ces élus soient cumulards, entraîne de facto une démographie vieillissante au sein de notre Parti, empêchant par la même un changement volontariste du système économique et politique.

Le PS est ainsi devenu un spécialiste du « changement dans la continuité » cher à l’ancienne UDF (les similitudes avec l’ancienne confédération centriste des années 70 à 80 ne s’arrêtent pas là).

Enfin, l’aspect le plus important sur la sclérose idéologique de notre parti renvoie à son impossibilité intellectuelle à penser le changement. Nous voulons dire par là à penser le changement possible. Les dirigeants, qui ont la plus grande responsabilité en ce domaine, ne croyant plus le changement de société possible, les intellectuels ayant désertés le parti comme le pays, le PS ne produit intellectuellement plus grand-chose pour ne pas dire plus rien). Nos dirigeants sont devenus les gestionnaires de l’accompagnement homéopathique du capitalisme et ne se distinguent plus guère de la droite que sur quelques questions de société.

Force est de constater que les thèmes sur les questions dites « sociétales » (il ne s’agit pas dans nos propos de nier leur importance) ont pris le pas sur les questions dites « sociales ».

Comme nos dirigeants, suivis par la majorité des élus et de certains militants, ne croient plus possible le changement, le PS n’est déjà plus un parti social-démocrate[1] il est déjà un parti social-libéral.

Il existe en outre une dichotomie permanente entre l’individuel et le collectif. Le militant croyant encore, dans son orientation individuelle, à un changement alors que le collectif (le PS), dans son orientation générale, est déjà dans la continuité de l’ordre établi.

Le bilan du Parti est donc encore plus désastreux que le bilan de celui qui le dirige. Néanmoins, reconnaissons une qualité à l’homme qui, au milieu des années 80, avait animé un club appelé « transcourant », il a fait du PS un parti tellement « trans » que l’idéologie et l’orientation politique en sont absents. Le PS n’est plus un parti politique (sauf sur son aspect « conquête du pouvoir ») mais un parti de politiques. Il est devenu uniquement une « machine électorale » à l’instar du Parti Démocrate américain qui ne se met en branle que lors des échéances électorales, afin de récolter des fonds pour faire gagner les candidats investit.

Le Parti d’Epinay est bel et bien mort, mais n’en déplaise à certains la faute n’en incombe pas à Ségolène Royal mais bien à l’ensemble de nos dirigeants, aidés en cela par l’inertie de l’ensemble des militants.

3)     Bilan de notre mouvement de rénovation

·      De l’espoir à l’institutionnalisation d’un courant.
La volonté de changement des pratiques de notre parti, notamment dans le but de l’ancrer réellement à gauche, était réelle de la part de nombreux militants qui ont suivis et bien souvent accompagnés ce mouvement de rénovation. Las, l’espérance de changement a été deux fois déçue (au Congrès du Mans et pour l’investiture du candidat à la Présidentielle) et les pratiques traditionnelles du Parti ont influencé notre jeune mouvement. Nos leaders n’ont pas voulu donner du « temps au temps » et ont préféré l’éventualité de postes prestigieux et honorifiques plutôt que de garder le cap de la « désobéissance militante ».

L’espérance de changement est donc en panne, elle ne peut plus actuellement être portée par les leaders auto-désignés de la rénovation. Le mouvement rénovateur, qu’il se nomme NPS ou RM, devient comme les autres mouvements au sein du parti, un courant autour d’une personne et non un mouvement pour des idées, ne voulant se mobiliser qu’en vue des congrès et incapable entre temps de produire autre chose que du discours.

Le plus déplorable dans ce que nous avons vu au sein de RM lors de ces derniers mois n’est pas tant le soutien d’Arnaud à Mme Ségolène Royal que le fait que l’élan rénovateur ait été stoppé net. Nous avons tous dans notre entourage des personnes qui étaient séduites par la démarche d’Arnaud mais qui depuis son choix l’ont rangé dans la même « espèce » que les autres dirigeants socialistes.

Ces personnes seront dorénavant difficiles à convaincre et à mobiliser sur l’espoir d’un PS différent.

·      Le déficit démocratique
Il ne s’agit pas ici de revenir sur l’aspect surprenant de la méthode de votation au sein de RM lors du choix du soutien ou non à Mme Ségolène Royal, d’autres camarades l’ont déjà fait (je pense notamment au Secrétaire Général démissionnaire de RM) mais de revenir sur quelques autres indices montrant ce déficit démocratique.

Tout d’abord, les principes de tolérance, de débat et d’acceptation d’avis divergents sont des indices forts d’un mouvement démocratique. Pendant la période d’août à novembre dernier, ces principes ont été mis à mal au niveau de RM national. De même pour être un mouvement démocratique, il convient de ne pas confondre communication avec propagande ou endoctrinement[2]. RM national en est même arrivé à pratiquer une injonction paradoxale en fermant le blog RM 21 afin de faire respecter le vote « démocratique » du CA du 4 octobre 2006.

Tous ces indices indiquent que la minorité, sur cette question, n’a pas eût le droit à la parole et cela bien avant le choix du courant sur l’orientation « politique » proposée par Arnaud. En ce sens la V° République, qui prévoit un statut de la minorité[3] est plus démocratique que RM. Pendant cette période, même le PS a été plus démocratique que RM !

Un schéma nouveau s’est mis en place au sein de RM. Il s’agit de faire passer Arnaud de dirigeant à chef avec non plus des militants soutenant un combat d’idées dur et âpre au sein du Parti mais des militants déguisés en fans béats pensant qu’ils rentreront dans l’histoire de la Gauche en soutenant Mme Ségolène Royal. Il ne s’agit pas de critiquer le choix de soutenir tel ou tel camarade mais bien d’une critique envers l’absence d’esprit critique. La dérive d’un mouvement d’idées voulant changer de République en courant acceptant l’ancien régime du Parti est en germe, les déçus seront nombreux quand ils verront que la rénovation ne sera pas au rendez-vous.

A moins qu’ils acceptent qu’Arnaud joue autre chose que l’acteur de la rénovation et de la réforme. Il est possible en effet, qu’Arnaud, sentant l’emprise du temps sur certains dirigeants du PS, veuille légitimement jouer un rôle encore plus important au sein du Parti. Sachant qu’il est difficile non seulement d’être dans la minorité du Parti mais plus encore d’être à la gauche du Parti pour pouvoir le diriger, Arnaud décide stratégiquement d’opérer un recentrage afin de ne pas apparaître, à l’instar d’Henri Emmanuelli, uniquement comme l’opposant institutionnel.

Quelles que soient les stratégies ou les ambitions affichées, nous ne pouvons pas suivre cette démarche, nous aspirons à un renouvellement des pratiques, des idées, des objectifs, sans emprunter pour cela les voies que nous dénonçons.

C’est pourquoi se pose à nous cette question :

Et maintenant ?

Que deviennent nos idées ? Que deviennent nos combats ? Trouverons-nous une place dans ce PS en ordre de bataille qui propose un programme électoral à court terme, pas une vision ambitieuse de la future société Française au sein de l’Europe ? Nous le voulons, nous l’espérons, nous y croyons.

Jérémie & Olga Meurisse



1- Au sens étymologique et historique de cette notion.
2- Voir le blog de RM National
3- La saisine du Conseil Constitutionnel par 60 parlementaires en est un des exemples.

17.01.2007

Retraites : la vraie réforme reste à faire Par Réné Fiore

Les réformes des retraites «Balladur» en 1993 et «Fillon» en 2003 sont souvent présentées par leurs initiateurs comme des modèles type de réforme, alors qu’elles ne sont en réalité que des mesures partielles et comptables, destinées avant tout à contenir le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, en abaissant le niveau des retraites, sans même en garantir le financement futur.  

A l’été 1993, la réforme «Balladur» était complètement passée inaperçue des organisations syndicales et la loi «Fillon», en 2003, a été malheureusement avalisée par trois d’entre elles : CFDT, CFTC et CFE-CGC, organisations dites-elles aussi réformistes…

Entre-temps, le gouvernement de Lionel Jospin, non seulement ne proposait aucune réforme du système des retraites, commandait un énième rapport sur les différents régimes de retraite mais se gardait bien d’abroger les mesures Balladur de 1993…

Aujourd’hui, à quelques mois de l'élection présidentielle, le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale s'annonce comme un enjeu de taille car, trois ans après l'adoption de la loi Fillon , le déficit prévisionnel serait de l’ordre de 2,2 milliards € à la fin 2006 et de plus de 4 milliards € à la fin 2007.

Un point d'étape est prévu par la loi Fillon en 2008 mais le plan Senior visant à inciter les salariés à prolonger leur activité ne générera aucune économie, le succès des départs anticipés pour carrière longue se poursuivant.

Quant à l'attirance pour les rachats de cotisations des années d'études universitaires, elle est toute relative car ces rachats sont très onéreux et limités à trois années d’études, soit 12 trimestres au total.

Enfin, les salariés ont tendance à partir dès qu'ils le peuvent, sans doute par crainte d'un durcissement à venir de la législation de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) après 2008.

Avant la réforme Balladur de 1993, la retraite initialement perçue (régime de base et régime complémentaire) représentait environ 78 % du  dernier salaire. Cela correspondait, en fonction de la structure différente des dépenses selon les âges, à la parité de niveau de vie entre salariés en activité et retraités.

Les mesures Balladur et celles des régimes complémentaires Arrco et Agirc de 1995 et 1996 devraient se traduire, selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), par une baisse de 14 points du taux de remplacement du salaire net par la retraite nette entre 2000 et 2030, soit une diminution de 78 % à 64 %.

Dans le Régime général, la loi Fillon du 21 août 2003 prévoit plus particulièrement :

-          l’allongement progressif à 41 ans en 2012 puis, si nécessaire 42 ans en 2020 de la durée d’assurance pour obtenir une pension à taux plein de 50% avant 65 ans.

-          La réduction progressive à 5% par année manquante d’ici à 2013 de la décote en cas de liquidation avant 65 ans sans réunir les conditions du taux plein.

Dans les fonctions publiques, la réforme a notamment pour effet :

-          de porter à 40 ans en 2008 la durée de services requise pour obtenir la pension maximale contre 37,5 ans aujourd’hui ; comme dans le secteur privé, cette durée sera portée à 41 ans en 2012 et, si nécessaire à 42 ans en 2020.

-          de créer une décote en cas de départ e retraite avant de totaliser la durée de service ouvrant droit à la pension maximale, qui sera progressivement portée à 5% par année manquante à partir de 2015.

Le nombre d'annuités pour une retraite à taux plein pourrait donc dépasser 42 ans en 2020, voire plus puisque la loi Fillon prévoit aussi la possibilité d'aller plus vite en fonction de l'évolution de la situation financière des régimes de retraites.

En théorie, le montant des retraites est censé ne pas diminuer si les salariés peuvent travailler jusqu'à la date où ils auront le nombre de trimestres nécessaires au versement d'une retraite à taux plein. Mais en pratique, la réalité sociale est bien différente car la durée moyenne d'une carrière d'un salarié du secteur privé n'excède pas 37 années.

Au cours des dernières années avant la retraite, de nombreux salariés sont au chômage,  en préretraite ou en en invalidité et n’arrivent pas, en général, à 40 annuités de carrière réelle, soit 160 trimestres. 

Cette situation sera pire lorsque la durée de cotisation nécessaire, pour obtenir une pension à taux plein, dépassera les quarante années de versement. Au lieu d'être maintenu et protégé, le niveau des pensions baissera alors dans des proportions considérables entre 2010 et 2040.

Pour éviter de telles conséquences, il est nécessaire d’abroger la loi Fillon mais de revenir également sur les mesures Balladur qui ont modifié :

-          les règles de calcul du SAM (salaire annuel moyen servant au calcul de la pension), dans le secteur privé, qui était calculé sur les 10 meilleures années de salaire et qui est basé maintenant sur les 25 meilleures années.

-          l’indexation automatique des pensions qui était basée sur l’indice d’augmentation des salaires et qui est basée maintenant sur l’indice des prix, beaucoup moins avantageux pour les salariés. Car depuis la suppression de l’échelle mobile des salaires par Laurent Fabius en 1984, les salaires progressent nettement moins vite que les prix.

Mais cela ne sera pas suffisant si une réforme du financement de la sécurité sociale n’est pas entreprise rapidement.

Les traditionnelles cotisations salariales et patronales ne sont plus en effet adaptées et suffisantes pour faire face au besoin nouveau de financement dû au vieillissement de la population.

Elles sont de plus contestables sur le plan de l’équité car leur taux est proportionnel et unique pour tous les salariés à la différence de l’impôt sur le revenu dont le taux est progressif.

Pour les entreprises également, les taux de cotisations s’appliquant sur les seuls salaires, les sociétés avec de nombreux salariés, de main d’œuvre notamment, ayant une forte masse salariale mais une faible valeur ajoutée, se trouvent pénalisées par rapport à d’autres, à faible masse salariale mais à haute valeur ajoutée.

De plus, la part des salaires dans la richesse produite chaque année a baissé de 10 pour cent en 30 ans, ce qui accentue encore un peu plus les problèmes liés au financement.

Mais la retraite étant avant tout basée sur le salaire perçu, contrairement aux autres risques liés à la santé et à la politique familiale, il semble difficile d’abandonner totalement les cotisations assises sur salaires.

Au lieu de proposer des solutions basées sur les seules augmentations de taux de cotisations, l’introduction d’un financement complémentaire, basé sur l’impôt progressif pour les salariés et la valeur ajoutée pour les entreprises serait la meilleure solution.

Un tel financement complémentaire présenterait un quadruple avantage :

- le règlement du problème du déficit de la Sécurité sociale et de sa branche vieillesse par des rentrées financières nettement plus importantes

- une ponction financière plus juste car faisant appel à la progressivité de l’impôt pour les salariés et à la valeur ajoutée pour les entreprises

- un traitement uniforme des citoyens, quel que soit le statut de chacun : actifs, retraités, salariés du secteur privé, fonctionnaires, artisans, commerçants, professions libérales, chefs d’entreprises, etc.

- une augmentation sensible des salaires nets par un arrêt de la hausse continue des taux de cotisations sur les seuls salaires depuis plusieurs dizaines d’années

Un financement mixte existe déjà pour les régimes spéciaux de retraite, notamment ceux des gaziers, cheminots, agents de la RATP, financés à plus de 60% par des subventions de l’Etat.  Au nombre de quinze, ces régimes sont structurellement déficitaires compte tenu de leur histoire, du niveau des avantages servis et des perspectives démographiques.

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a calculé que le retour à la durée moyenne réelle de 37,5 annuités de cotisation pour les salariés du secteur privé ne représenterait que 0,3 point du PIB annuel en 2040.

C’est donc avant tout un «choix de société» qui peut être fait à égalité pour le public et le privé, encore faut-il en avoir la volonté politique en décidant de faire appel dorénavant à la solidarité nationale et donc à l’impôt plutôt qu’à une nouvelle ponction sur les seuls salaires et/ou à une baisse du montant des pensions…

13.01.2007

Contribution de Dominique Baillet

Depuis 2002, le parti socialiste «d’Epinay» traverse une crise profonde et une importante mutation. L’échec historique de ce parti aux dernières élections présidentielles et législatives de 2002 n’a été surmonté que partiellement et surtout formellement. Plutôt que de s’interroger sur les causes sociales et culturelles de la désaffection des électeurs à l’égard de ce parti, qui fut un temps le premier parti de France, la Direction actuelle du Parti, en place depuis désormais dix ans, a préféré la fuite en avant, plutôt que de convoquer un véritable congrès idéologique d’orientation. Par facilité, par tactique, et aussi par absence de prise de conscience de la gravité de la situation en France.

Par facilité d’abord. En faisant en premier lieu porter la responsabilité de l’échec du candidat socialiste à la multiplicité des candidatures à gauche, plutôt qu’en tentant d’établir une autocritique, et en considérant que l’arrivée au 2e tour de la présidentielle du Front National était un accident de l’histoire, alors qu’elle était le résultat d’un long processus politique qui s’enracine en France depuis 20 ans. Ensuite, en justifiant ce caractère accidentel, en vantant les victoires électorales de la gauche en 2004, aux régionales et aux européennes, certes incontestables, mais dues plutôt au rejet de la Droite au pouvoir et au traumatisme de 2002 associé à une certaine culpabilité au sein de l’électorat de gauche, qu’à une adhésion réelle aux idées et aux projets socialistes. En outre, en estimant lors du référendum interne de l’automne 2004 au sein du PS sur le traité constitutionnel européen, que le score de 58% en faveur de la ratification était un succès, alors que près de la moitié des membres du parti y était opposé, qu’un parti n’est pas comparable à un pays et que le réflexe légitimiste en faveur de F. Hollande avait souvent prévalu sur les convictions européennes des militants. Enfin, en minorant l’ampleur du «non» à gauche, y compris dans l’électorat socialiste, en affirmant qu’il était surtout porté par les extrémistes de gauche comme de droite, les nationalistes et les antieuropéens.

Par tactique ensuite. La Direction n’a pas souhaité mettre sur la table ce que pouvait être ou devait être l’identité socialiste au début du XXI e siècle, mais a préféré mettre en place des stratégies politiques pour conserver son pouvoir, au prix d’un parti profondément divisé. En effet, en 2003, le Congrès de Dijon a fait la part belle à la majorité de F. Hollande, qui n’avait tiré les leçons du 21 avril 2002 que superficiellement, et a rejeté dans l’opposition du parti les courants rénovateurs et contestataires, qui avaient pourtant fait l’effort d’une remise en cause de leur exercice du pouvoir entre 1997 et 2002. Aussi, le Congrès du Mans a opéré une fausse unanimité, une synthèse de façade en catastrophe, entre les différents courants du parti, qui venaient quelques mois avant, de s’entredéchirer lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen, et a contribué à l’éclatement et la disparition d’une partie de ces mêmes courants contestataires, tout en optant, sans l’avouer, pour une idéologie, non pas social-démocrate, mais social-libérale, tout en se définissant toujours comme socialiste.

Enfin, le parti omnubilé par l’idée d’un retour au pouvoir en 2007, a cherché une stratégie pour imposer une candidature. Il s’agit d’une stratégie médiatique, adossée à l’exaltation d’une démocratie d’«opinion», plutôt qu’à celle d’une « démocratie militante » et à une réflexion idéologique et sociologique substantielle. Même si la Direction a permis une certaine démocratisation du parti plutôt formelle, en instaurant une primaire inédite à l’intérieur du PS, d’assez bonne tenue, elle a surtout facilité le déploiement d’une stratégie personnelle et familiale, soutenue par un renfort médiatique sans précédent dans l’histoire récente de la République française. Et elle a sciemment opéré une confusion dans les esprits entre «nouveauté» et «changement». En effet, plutôt que de proposer un véritable changement politique comme en 1981, une réelle alternative, elle a fait don au peuple français d’une femme, et pas n’importe laquelle, celle du Premier Secrétaire. Cette stratégie lui a permis d’asseoir son pouvoir davantage et même de l’étendre dans un esprit clanique et tribal et engendra une confusion sans précédent entre la sphère publique et privée, jusque là étrangère à la culture du parti. Elle a été en outre doublée par celle, non moins habile, de favoriser l’entrée massive de 80 000 nouveaux adhérents à bon marché, appartenant aux classes moyennes urbaines et aux classes aisées diplômées, dont l’engagement est limité dans le temps et correspond davantage à un moment déterminé, celui du vote interne en faveur de la candidate Ségolène Royal et de la campagne présidentielle.

Derrière cette scène, ou plutôt cette mise en scène, offerte au peuple, dirai-je au public, le drame qui se trame actuellement dans les coulisses est tout autre. Il est lié à l’absence de prise de conscience de la situation sociale, économique et politique des Français. Ce drame est celui de la dérive idéologique du parti. Dans les années 1970, trois courants idéologiques se distinguaient : le centre mitterrandiste, jacobin, étatiste et critique de la social-démocratie nordique, l’aile gauche, dogmatique, marxisante et tiers-mondiste incarnée par le CERES, et l’aile droite rocardienne, girondiste, prônant la décentralisation, l’adaptation à l’économie de marché et la défense des minorités. Trente cinq ans après le Congrès d’Epinay, l’aile gauche a quasiment disparu ou est à l’état résiduel, le centre est devenu l’aile gauche actuelle, social-démocrate, jacobine, républicaine, laïque et d’inspiration keynésienne récusant la société de marché, l’aile droite est devenue le centre, oscillant entre social-libéralisme et social-démocratie avec une inspiration anglo-saxonne, et la nouvelle aile droite actuellement majoritaire, conduite par Ségolène Royal, s’avère proche du blairisme britannique, qui est une sorte de « troisième voie » humaniste, prônant la solidarité et l’adaptation à la mondialisation. Ce « royalisme » ne se rattache à aucune tradition précise du socialisme, est en quelque sorte centriste, ou comme le souligne John Crowley, « post-idéologique ». Le problème de cette évolution, qui ne fait que s’aligner en définitive sur celle des partis sociaux-démocrates européens, est qu’elle n’est guère en adéquation avec l’évolution sociologique actuelle des Français qui se radicalisent tant à gauche qu’à droite.

En effet, contrairement à ce qui avait souvent été prédit ou annoncé par les spécialistes, nous n’assistons pas à une moyennisation de la société française, ni à un désir de davantage de libéralisme, comme l’a montré le refus de la ratification du traité constitutionnel européen en mai 2005, les manifestations monstres durant l’hiver 2006 hostiles au CPE (Contrat première embauche). Aujourd’hui, les classes ou catégories moyennes (professions intermédiaires) ne sont pas majoritaires. Ce sont les classes populaires (ouvriers, employés, salariés agricoles) qui gagnent moins de 1350€/par mois, qui représentent plus de 50% des Français. On assiste donc en fait, non pas à un essor de la classe ouvrière, mais à une véritable explosion de la catégorie «employés» et à une précarisation du salariat, 7 millions de travailleurs pauvres disposant d’un revenu inférieur à 775 €, et 12 millions ayant un revenu inférieur à 900 €.

Ainsi, ce n’est pas en épousant ou en s’adaptant à la pente libérale actuelle dominante en Europe et dans le monde, qui accroît inévitablement les inégalités sociales, que le PS pourra reconquérir les catégories populaires qu’il a commencé à perdre dans les années 1960 et qu’il n’a cessé de voir s’éloigner de lui depuis. Pour renouer avec l’électorat populaire, il lui faudrait tenir un discours critique du libre échange, du niveau trop bas des salaires et des délocalisations. Alors qu’actuellement, l’orientation de la direction du PS, malgré une tentative de Ségolène Royal, dans le discours, de se rapprocher des classes populaires en combinant défense des valeurs morales et exaltation d’un autoritarisme sécuritaire, séduit davantage en fait les fractions supérieures des classes moyennes et les classes aisées urbaines très diplômées, avides de normes et de conservatisme. Du coup elle se distance encore davantage de la gauche dite « radicale » et mouvementiste qui s’ordonne autour du Parti communiste et de l’altermondialisme, et met en péril non seulement l’unité de la gauche, mais la gauche elle-même.

Que faire durant la campagne qui s’ouvre ? Par Jacques Rodet

Une des questions que les rénovateurs se posent actuellement est de savoir si après avoir démissionner de RM suite à l’alignement de Montebourg sur Royal et après avoir fait la campagne pour la candidature de Fabius, ils doivent désormais faire la campagne de Royal.

Je verse donc ici, quelques idées pour alimenter le débat.

Alors que la campagne interne mettaient aux prises trois candidats qui s’étaient, contrairement à nous, retrouvés dans la synthèse du Mans, et que les rénovateurs, du NPS à RM en passant par FM/DS étaient sans candidat naturel, nous avons, pour la plupart, fait le choix de la candidature de Laurent Fabius, soit en faisant ouvertement campagne, soit en glissant le bulletin de vote Fabius, le 16 novembre.  

Le résultat est connu, la désignation de Royal a été claire et la gauche du PS représentée par Fabius a subi un échec sévère. Royal a la légitimité du PS qui lui donne également la responsabilité de faire gagner la gauche lors des présidentielles. Dès son premier discours d’après investiture, Royal a expliqué qu’elle souhaitait associer les français à la définition de son programme. Ainsi, en mettant en œuvre ce qu’elle appelle indûment la démocratie participative, elle envoie un message à tous les socialistes : « mon programme ne sera pas seulement socialiste ». En quelque sorte, un euphémisme du célèbre « mon projet n’est pas socialiste » de Jospin.

Nous qui avions déjà des réticences par rapport au projet socialiste que nous jugions sur bien des aspects très timoré, il nous faut désormais attendre la fin de la période d’écoute, puis les arbitrages de Royal pour connaître les termes du programme de la candidate investie par le PS. Cette situation traduit l’éloignement pris par la candidate envers le parti et ses militants.  

A notre gauche, rien n’a finalement pu aboutir à une candidature anti-libérale unitaire. La faiblesse des partenaires ou des soutiens de gauche au PS ne facilitera d’ailleurs pas la victoire de la gauche.

De l’autre côté de l’échiquier politique, la droite s’organise et se réunit autour de Sarkozy. Le FN comme à l’accoutumé est sous estimé. Le danger de la droite la plus à droite depuis bien longtemps, ultra-libérale, bushiste, communautariste est devant nous.  

Au final, parce que je suis de gauche, parce que je suis socialiste, je ne vois pas comment je pourrais ne pas tout faire pour que la droite perde. Que Royal soit la candidate qui représente le PS et plus largement la gauche, voilà qui n’est pas pour me réjouir mais c’est un fait.

Tout faire, cela veut dire quoi ?  

Tout d’abord, il me semble nécessaire d’agir pour le rassemblement de la gauche du PS afin que nos idées ne soient pas évacuées dans le programme et la campagne et afin de préparer l’après élections. Les journées « et maintenant ? » de Lille seront une étape importante de ce rassemblement.

Ensuite, il nous faudra analyser le programme de Royal à l’issue de la période d’écoute des français. Cette analyse nous amènera à identifier les axes sur lesquels notre apport dans la campagne sera le plus efficace. Il ne s’agira pas pour nous de renier nos convictions mais de repérer comment elles peuvent venir en appui de telles ou telles propositions de Royal.  

Puis, notre engagement dans la campagne devra être total en terme d’énergie et partiel, circonstancié et ciblé sur les propositions qui sont compatibles avec nos idées. En aucun cas, notre investissement dans la campagne ne doit être celui du renoncement à nos idées ou à l’acceptation de ce que nous avons combattu durant la campagne interne.

La route est étroite mais c’est celle qu’ils nous faut emprunter si demain, quel que soit le résultat des élections, nous voulons, comme militant socialiste, comme militant à la gauche du PS, comme rénovateur, ne pas éprouver la honte d’avoir manqué à notre engagement et avoir la satisfaction d’avoir participé à l’échec de la droite.

12.01.2007

Pour la mise en place d’un «Observatoire des Pratiques», par Jacques Rodet

Passer de la déclaration à l’évaluation et à l’amélioration de nos pratiques politiques.

Les rénovateurs, lorsqu’ils se regroupent, ne peuvent faire l’impasse d’un débat approfondi sur leur mode de fonctionnement car, plus que d’autres, ils se doivent d’incarner dans leurs pratiques la rénovation qu’ils veulent porter.

Le fonctionnement d’une association est régi par ses statuts et parfois par certains textes dénommés, règlement, charte, etc. Les statuts comme ces autres textes fondateurs méritent une grande attention et c’est pour cela que j’ai proposé dans la contribution « Que construire n°1 » qu’une « commission constituante » puisse prendre le temps et les moyens d’organiser le débat et proposer le résultat de ces travaux au vote d’une assemblée générale extraordinaire.

S’il est préférable d’avoir de bons statuts et des textes d’engagement moral, il est illusoire de penser que leurs qualités intrinsèques puissent assurer durablement un fonctionnement pleinement satisfaisant de l’association et de ses organes. D’une part, parce que ce qui est parfaitement adapté à une situation peut demain ne plus l’être lorsque celle-ci évolue. Des statuts régissant une association de quelques centaines de membres sont-ils toujours adéquats lorsque l’effectif monte à quelques milliers ? D’autre part, parce que la faiblesse de ces textes réside paradoxalement dans la force de leurs prescriptions s’inspirant davantage d’une représentation idéale de fonctionnement et moins de la réalité concrète de la vie et de l’action politique. Le caractère contraignant de leurs dispositions peut alors être dissuasif de leur application.

Ainsi, les statuts qui précisent le mode de fonctionnement et les droits des membres, le règlement intérieur qui compile les devoirs et spécifie les sanctions en cas de manquement, la charte qui traduit les valeurs de l’association, sont des documents déclaratifs et le plus souvent statiques même si sont présentes des mentions concernant leur révision.

La proposition de cette contribution est la mise en place d’un instrument qui permette aux principes définis par les textes fondateurs d’être interrogés et de mesurer leur vitalité tout au long de l’existence de l’association. Cet instrument pourrait prendre le nom d’«Observatoire des Pratiques» (OdP).

Il s’agirait de s’inscrire dans une démarche évaluative continue de nos pratiques. Les critères de ces évaluations seraient tirés des principes des textes. Par exemple, si nous retenions le principe de comptes-rendus de mandat une fois par an, le critère serait «réalisation des comptes-rendus de mandat». Les indicateurs pour ce critère pourraient être : «jamais réalisés, réalisés irrégulièrement, réalisés régulièrement, réalisés systématiquement».

L’«Observatoire des Pratiques» regrouperait quelques camara des, élus en assemblée générale (les membres du premier OdP pourraient être désignés par la « commission constituante ») dont le nombre pourrait être compris entre 3 et 7. L’OdP serait responsable devant l’assemblée générale et non devant le CA afin que ce dernier n’échappe pas à ses travaux.

Il aurait pour objectif de concevoir des grilles d’évaluation des pratiques, de réaliser des enquêtes auprès des membres et de rédiger un rapport annuel sur les pratiques présenté à l’assemblée générale. Il mesurerait les améliorations ou régressions de nos pratiques entre deux assemblées générales. Il formulerait des alertes et des recommandations pour l’année à venir à l’intention des membres et pourrait également proposer des modifications des textes fondateurs de l’association.

La raison d’être de l’«observatoire des pratiques» serait bien de permettre à l’association et à ses membres de progresser, à leurs rythmes mais de manière consciente, vers de meilleures pratiques. C’est en ne nous contentant pas d’une posture uniquement déclarative mais en adoptant une démarche évaluative, ce que ni le NPS, ni RM n’ont jamais fait, que nous pourrons prétendre à une meilleure cohérence entre notre discours et nos pratiques.

Rustines et jambe de bois, par Michel Gros

Depuis plus de vingt ans, le socialisme français balbutie sa propre histoire. D'alternance de pouvoir en pouvoir d'alternance, le socialisme français a appris à ne plus vouloir devenir une alternative. Il est devenu un voeu pieux de changement, une fausse contestation, un gadget qui ne satisfait rien d'autre que la capacité du capitalisme contemporain à intégrer à son profit les formes édulcorées de sa négation. Le socialisme français petit à petit se résigne à admettre les lois du marché, le réel du capitalisme ultralibéral, la vie comme elle va.

Seulement voilà, aujourd'hui, ce réel va mal, très mal, le réel en général et le réel socialiste en particulier. Nos concitoyens n'acceptent plus les contraintes dans lesquelles les déclinaisons de ce réel les placent. Ils refusent de croire que ce réel est un impossible à saisir, une fatalité qui depuis toujours se met en distance de notre entendement. Non, nous disent-ils, le réel aujourd'hui est saisissable car il est la manifestation et le résultat même de nos actions et de leur laisser-aller.

C'est à ce point de vacuité d'une vision "acérée" du monde que vient et que doit, me semble-t-il, s'ériger le mouvement rénovateur que nous voulons construire. La tâche n'est pas simple tant elle impose à celles et ceux qui souhaitent s'y exposer une dialectique scrupuleuse.

Celle, tout d'abord, de la précision du "concept" par où, précisément, il s'accorde aux éléments de la réalité. Ne serait-ce que celle, envahissante, de l'économie où transite des approximations conceptuelles qui altèrent la perception par laquelle nous saisissons notre propre "mondanité", notre "être-là", notre "présence" , comme ont depuis toujours cherché à la définir toute une pléiade de philosophes depuis Platon jusqu'à Heidegger, fondant ainsi  le spectre de notre système de pensée occidental.

Pour prendre, brièvement, l'exemple d'une de ces pensées pour laquelle nous aurions quelque facilité à nous sentir proche et qui est celle de Marx, nous voyons la distance prise par le mouvement socialiste au nom d'un usage dogmatique opéré par les "marxistes". Marx lui-même qui ne l'était pas, marxiste, doit s'en mordre les doigts dans le Panthéon des grandes figures du socialisme historique où il se trouve probablement aujourd'hui en résidence.

Mais hors du ciel d'un avenir douteux, sur la terre aujourd'hui encore, le capitalisme "de" Marx offre  avec exactitude son paysage brutal comme cause fondamentale de la souffrance humaine. Nous lui trouvons pourtant, nous les socialistes, des noms de complaisance : il devient le "libéralisme" désuet de 1830, devenu "ultra" pour dire sa puissance ou bien "néo" pour confirmer sa modernité, c'est selon. Il se "mondialise" pour apporter la preuve de son hégémonie ou se "globalise" pour dire qu'il n'y a que lui et qu'il est "inévitable".

Cette résurgence conceptuelle manifeste la forme d'un oubli, voire d'un refoulement où le capitalisme ne veut pas être vu, par nous les socialistes, pour ce qu'il est fondamentalement : une inadmissible privatisation au profit de quelques-uns de la quasi totalité des moyens de production, une aliénation absolue pour tous les autres. Et bien sûr le terme "anticapitaliste", l'opposition radicale au capitalisme, a déserté notre vocabulaire au profit des sirènes de sa "régulation " d'où surgirait comme par magie une humanité jusque-là insaisissable et certainement improbable.

L'action elle-même, bien évidemment, se trouve prise au piège de ces apories de l'intelligibilité. Car aucune solution réelle ne peut être opératoire à ne se préoccuper que des effets venus de causes si pitoyablement oubliées. Pour preuve, il est souvent reproché aux rénovateurs leur insistance quasi obsessionnelle à promouvoir la VIème République comme condition structurelle du dépassement des errances du "politique" et de sa prise en otage par professionnalisation interposée. Cette VIème République considérée peu avant la campagne interne du PS comme un gadget "montebourgeois" par les socialistes eux-mêmes, avant d'opérer une reconnaissance timide et trompeuse, sans doute impulsée par l'extérieur, coté Bayrou, coté Buffet, plutôt que par une reconnaissance de son impérative nécessité et de sa validité performative.

Aussi, interrompre "le temps des rustines sur une jambe de bois" me semble devoir être la plus emblématique des missions auxquelles aura à s'attacher le nouveau mouvement de la rénovation socialiste.

Michel Gros

11.01.2007

Comment coordonner les différents éléments de la galaxie anti libérale ? par JC Dubois

Au plus proche de nous sont d’abord nos camarades du PS :

- certains de nos camarades du NPS ayant résisté à la fascination Royaliste,

- les ex-tenants de la motion 2, autrement dit « les fabiusiens », ceux en somme à qui s’adressait le slogan qui fit florès à la fin de Fouras 2005 : « Mieux vaut s’allier avec quelqu’un dont on se méfie plutôt qu’avec quelqu’un avec qui on n’est pas d’accord ».

- les amis de Mélenchon (PRS),

- ceux de Filoche et Dollez (FMDS)

Il devrait être possible, avec ceux-ci, d’engager quelques échanges préparatoires au prochain congrès et de tenter ensemble un regroupement des forces antilibérales.

Car nous avons aussi des parentés idéologiques avec bien des groupes ou partis de ce qu’on a coutume d’appeler les « antilibéraux » (hormis les sectes trotskystes qui ne rêvent que de casser du socialo – sans être pourtant capables de proposer un modèle de société crédible et attrayant).

Le projet de candidature unique antilibérale ayant échoué, de nombreux militants (du côté PC, ATTAC, des comités issus du 29 mai, de la LCR…) se trouvent déçus et seraient sans doute prêts à envisager favorablement des discussions sur des thèmes auxquels, eux comme nous, sommes sensibles.

Il faudrait alors mandater un groupe de « médiateurs(trices) » qui aurait pour mission de tenter de fédérer tous ces groupes autour d’un corpus idéologique commun issu de notre projet socialiste et de leur « ce que nous voulons » pour aboutir à une alliance, une convergence, un cartel, une coordination ???? en tous cas à un rapprochement entre ces forces.

Résolution d'Action socialiste en Seine-maritime, pour l'unification de la gauche et du PS

Alors que la campagne est lancée et que les militants se mobilisent pour permettre l'alternance lors des élections présidentielle et législatives du printemps prochain, les militants d'Action socialiste en Seine-Maritime réaffirment leur conviction que l'alternance ne sera possible que si les Français, et en particulier les électeurs de gauche, jugent qu'elle sera synonyme d'alternative. 

Alternative à la politique menée par la droite depuis cinq ans, alternative aux dérives présidentialistes d'une Cinquième République à bout de souffle, alternative aux désastres économiques et sociaux du capitalisme financier, alternative à la construction libérale de l'Europe afin de prouver que la politique peut répondre à l'urgence sociale et à l'urgence démocratique. 

C'est pourquoi les militants d'AS 76 souhaitent que les sensibilités de la gauche du PS se rassemblent, pour être en mesure d'influencer les campagnes présidentielle et législatives et de jouer un rôle essentiel dans la vie future du Parti. 

AS 76 regroupe depuis l'issue du congrès du Mans tous les militants se reconnaissant dans l'ex-motion 5, FMDS ou RM dans la fidélité …

L'activité autour d'un bulletin mensuel a permis de s'élargir, notamment à l'occasion de la récente campagne interne. 

Ce qui a été possible en Seine Maritime doit l'être dans tous les départements comme au plan national. C'est nécessaire et utile pour Battre la Droite et construire l'alternative qui permette de répondre à l'urgence sociale et à l'urgence démocratique.

C'est le vœu que nous formulons en ce début d'année 2007. 

Pour envoyer un commentaire, écrivez-nous à et.maintenant@yahoo.fr

Enseignements démocratiques après NPS et RM, par JC Dubois

Les adhérents de NPS puis de RM étaient correctement informés des événements et des positions prises par l’équipe dirigeante. Les bulletins « NPS info » et « La lettre de RM » remplissaient correctement leur rôle d’information : prises de position, préparation de meetings…

La composition de l’équipe dirigeante (1) apparaissait dans un des premiers bulletins mais ensuite plus rien sur la vie, les débats internes.

Si bien que l’adhérent de base apprenant par un écho dans un journal qu’il y avait mésentente entre Arnaud et Vincent pouvait mépriser la malveillance des médias. Mais quand il arrivait  à Fouras en août 2005 pour apprendre que NPS était à deux doigts d’éclater, qu’un compromis de dernière minute était tout de même intervenu, il pouvait s’inquiéter de constater que l’université d’été se déroulait comme si de rien n’était et qu’aucune information complémentaire n’était fournie.

Mais la meilleure, à mon goût, fut la révélation par Jack Ross, à RM Fouras 2006, de ce qui s’était passé au Conseil d’Administration du 10 juillet où un avis défavorable fut donné à « l’alliance » avec Ségolène Royal prônée par Arnaud Montebourg, avis sur lequel Arnaud s’assit royalement.

Alors que ledit CA avait eu lieu le 10 juillet, il fallut attendre ce 23 août pour que les adhérents RM (qui étaient présents à Fouras, mais pas les autres, bien plus nombreux) fussent informés.

Il serait souhaitable pour l’avenir que des compte-rendus précis et détaillés des CA et bureaux soient communiqués aux adhérents rapidement. Les moyens techniques actuels devraient permettre une information confidentielle aux seuls adhérents (soit textes sur un site accessible  par mot de passe, soit même fichiers audios envoyés par email ou téléchargeables ….).

(1) Je n’ai pas d’objection à la mise en place d’une équipe dirigeante cooptée au départ, comportant beaucoup d’élus .et de gens de la région parisienne (le moyen de faire autrement quand on n’est pas richissime  et dans un pays hypercentralisé ?). Mais cela rend d’autant plus nécessaire ce que j’indique au dernier paragraphe de cette contribution : les adhérents de base doivent être considérés comme de véritables partenaires et non comme une masse de manœuvre."

Et maintenant que vais-je faire ? par Julien Collette

« Et maintenant que vais-je faire

De tout ce temps que sera ma vie

De tous ces gens qui m'indiffèrent
[…] »

Ainsi commence la chanson interprétée par Gilbert Bécaud, que beaucoup d’entre nous ont eu, ont peut-être encore, le cœur de reprendre tout à fait à leur compte suite à la campagne interne au PS de l’automne dernier.

La question se pose en effet de savoir ce que nous allons faire. Pourtant, pas tout à fait dans les termes du chanteur puisque l’avenir de la gauche, du PS et de sa candidate ne nous indiffère absolument pas – il nous intéresse même au plus haut point !

En effet, il ne faut évidemment rien regretter du soutien que nous avons apporté à Laurent Fabius durant la campagne interne – quelque part, il s’agit même d’être fier d’avoir su choisir, d’avoir su choisir de quitter une aventure qui n’était malheureusement plus collective, d’avoir su choisir d’adhérer non à un candidat mais à ce qu’il portait et qui correspondait largement à ce que nous avions défendu lors du congrès de Dijon, lors de la campagne interne sur le projet de traité constitutionnel européen, lors du congrès du Mans.

Maintenant que la campagne est derrière nous, je suis convaincu qu’il nous faut nous appliquer la même exigence qui nous a amené à rompre avec ce qu’est devenu « RM » pour apporter une contribution exemplaire à la campagne présidentielle du Parti socialiste.

C’est cette exigence qui, seule, peut nous permettre de voir nos idées progresser dans le parti au service de la gauche toute entière et, souhaitons-le, au gouvernement.

Maintenant, il s’agit de nous accorder pour continuer à faire vivre cette exigence, qui doit continuer à nous rassembler dans les semaines de campagne qui s’annonce, et dans les mois qui suivront.
Julien Collette
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